Ce que le coaching enseigne, ce que l’écriture apprend, c’est que les résultats que nous désirons ne sont pas nécessairement ceux que nous aurons, ni ceux dont nous avons besoin.

Ce principe, je l’ai d’abord rencontré dans le livre Yoga Girl, de Rachel Brathen, mais il m’a fallu plusieurs années avant d’en vivre le sens. Voici un exemple tiré de ma vie d’auteure. (Ames sensibles, s’abstenir)


Il y a un an, je souhaitais absolument envoyer un certain manuscrit, que je pensais être mon « meilleur projet ». J’étais enthousiaste comme jamais, heureuse d’avoir posé le point final de ces 300 pages. Cependant, je souhaitais attendre quelques mois avant de l’envoyer pour la simple raison que l’âme d’un ouvrage a besoin de temps pour émerger. Or je voulais savoir exactement de quoi il retournait avant de m’engager. Alors j’ai attendu. C’était difficile, mais j’ai tenu bon.


Et lorsque j’ai senti l’impulsion de « reprendre le manuscrit », de le corriger, de le préciser avant de le proposer, je suis tombée de très haut. On pourrait aussi dire que je me suis pleinement écrasée au bas de l’arbre en sautant du nid. 🐣C’était un lundi. Je m’étais levée aux aurores pour m’atteler à ce travail de grande ampleur. Il était 6:00 du matin lorsque je relisais l’introduction et les premières pages. Il était 11:00 lorsque je comprenais que ce manuscrit ne serait jamais imprimé. Croyez-moi, j’ai pleuré comme jamais sur ces pages qui venaient à « mourir » et j’étais véritablement en train de vivre un deuil. Le mot, s’il semble fort, ne l’est aucunement. Je sais ce que signifie voir ses proches partir, je sais ce que signifie mourir, et je savais que ce manuscrit-là venait de quitter ce monde.
J’avais porté ce manuscrit des mois durant, je l’avais mis au monde, et voilà qu’il n’avait plus d’âme !


Ce jour-là, mes proches se demandaient pourquoi j’avais de telles cernes noires, si creusées, si profondes et pourquoi j’allais me coucher dès 20:00. Pourquoi j’avais « fait la sieste » une bonne partie de l’après-midi, pourquoi j’avais cet air si particulier.  Alors je mettais mon pyjama et me blottissais sous les couvertures. Je passais une nuit… lourde, comme lorsque les choses demandent à être digérées. Et le lendemain, je m’éveillai. C’était étrange : je me sentais bien. Où étaient passés le choc, la tristesse, le deuil ? Où étaient-ils tous passés ? Il s’étaient évanouis. Et j’avais, dans mon coeur, bien plus de place et de légèreté que la veille et les jours, et les mois précédents.


Ce matin-là, j’ai compris que ce manuscrit avait été pour moi une porte, une façon de clore un cycle et d’en ouvrir un autre.
Ce mardi-là, j’ai su, j’ai su que sa place n’était pas sur les étagères.
Elle ne l’avait jamais été. 

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