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3 films pour préparer Noël

Suis-je vraiment la seule à retourner en enfance lorsque vient le mois de décembre ?

Aujourd’hui, je voulais donc vous proposer 3 films sur le thème de Noël. Le premier est un film que nous regardions enfant et dont la magie ne laisse pas indifférent. Ensuite, nous avons un petit classique de la Reine du crime : hercule Poirot fête Noël ! La dernière histoire se déroule à Lille. Pensez crime « Le père Noël est mort ! », orphelinat, et trio infernal.

Le Pôle Express

Le Noël D’Hercule Poirot (avec David Suchet)

Le Crime de Noël – Les petits meurtres d’Agatha Christie

Bande annonce : ici

Et voilà !

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Portrait : Claire Le Meil, illustratrice

J’ai eu la chance de rencontrer Claire Le Meil autour d’un petit café, un dimanche tout gris. Pour elle, c’était un café noisette, pour moi, c’était un déca, sans quoi je n’aurais jamais pu trouver la concentration nécessaire à la rédaction de cette Conversation Self-Care.

Il faisait bien froid dehors, et nos deux heures de discussion nous ont laissées ravies, et glacées. Il était 18 :00 lorsque je posais ma dernière phrase et cela faisait déjà une heure que nous avions dépassé l’horaire de fermeture du café. Lorsque nous sommes entrées pour régler notre note, la tête du barista était …comique ; on aurait dit cet émoji –là : 😤  Comprenant qu’il n’était pas heureux de nous voir arriver, je lui proposai de partir en courant sans payer. L’humour n’y a rien fait, il avait toujours de la vapeur qui lui sortait des oreilles !

Claire Le Meil – Travail Personnel

Et cette anecdote me rappellera encore et encore cette excellente fin d’après-midi aux côtés de Claire. Claire Le Meil est illustratrice. Elle travaille dans une multitude de secteur, du luxe à la presse en passant par le monde de l’édition et la santé… Des qualités d’adaptation assez extraordinaires dirons-nous. Lorsque je l’interroge sur son style et son évolution, elle s’écrie presque « dépasser le mignon ! », car elle officie aussi pour la presse jeunesse. Pourtant, lorsque l’on regarde ses œuvres, on n’y saisit aucune naïveté, aucune innocence. Claire est maître de son trait, et elle aime le décalé. Il lui faut du sens aussi, d’où les innombrables projets personnels qu’elle nourrit. L’un de ses rêves, dit-elle, est de réaliser une série de « portraits symbolistes de personnes aux métiers exemplaires ». De reprendre sa thèse de fin d’étude pour en faire un réel ouvrage. De monter une exposition à partir de son travail. D’illustrer plus souvent encore dans le domaine historique. Oh, je sens qu’elle ne va pas s’ennuyer !

Au cours de cette interview, j’ai aussi adoré lui poser la question de son rythme de travail. En tant qu’artiste dans le métier depuis une dizaine d’années, j’étais curieuse de connaître sa journée type et la façon dont elle gère son temps. Je n’ai pas été déçue ! Et ce qui m’a le plus plu, c’est le moment où elle a précisé qu’elle veillait à ne pas travailler le weekend ! Je crois qu’elle est la première freelance qui fait de ce principe une priorité absolue, et cela au profit de son art. En tant qu’auteure, je m’applique scrupuleusement à respecter une telle conduite car l’inspiration n’est pas une ligne droite. L’inspiration ne vient pas sur commande et par conséquent, je n’écris pas quand je le souhaite, mais quand je sens que le moment est venu pour moi de me mettre au travail. Cela peut signifier que ne donnerai vie qu’à un unique projet une année ou trois la suivante, mais cette imprévisibilité est précisément ce qui constitue tout le charme de notre art. Même une auteure comme Amélie Nothomb, qui écrit 4 livres par an, choisi de n’en publier qu’un seul. Les autres livres participent naturellement à la mise au monde de celui-ci, mais ils n’ont pas la qualité de celui qui sera publié.

Et puis, j’aime toujours converser avec des artistes graphiques. Petite fille de peintre, je suis toujours impressionnée par la capacité de ces artistes à reproduire ce qu’ils imaginent par la seule force du dessin… C’est assez magique, transmettre une idée de la tête au papier, en lignes et traits, et couleurs qui forment une réalité bien concrète. Claire affirme d’ailleurs s’inspirer d’autres secteurs pour créer, comme la mode et sa richesse de tons et textures. Mais le dessin n’est pas mon art. Je n’ai jamais pu réaliser de tel miracle avec les pinceaux, le crayon noir ou le fusain (malgré mes nombreuses et vaines tentatives), jusqu’au jour où j’ai découvert que j’avais moi aussi ce pouvoir, mais qu’il passait par les mots, leurs sens, leurs sons et leurs rythmes. Alors c’est un portrait sans aquarelle que je souhaite vous offrir aujourd’hui, celui d’une illustratrice peu commune dont la philosophie de vie, comme de travail, touche.

Claire Le Meil – Travail Personnel

« Un perroquet rouge aussi bavard que curieux vit à Versailles, au XVIIème siècle. Et voilà qu’il surprend des échanges peu flatteurs concernant le grand Louis XIV ! Il traverse alors une à une les pièces du château, parlant de ci-delà et semant une royale panique ! La cour est confuse et le Roi Soleil ne sait plus où donner de la tête. »  Mais quelle est donc cette surprenante histoire ? Un conte jeunesse * ? Sans doute. Mais c’est surtout le fruit d’un travail d’imagination, d’écriture ensuite, d’illustration enfin d’une versaillaise dotée de mains dorées ! Claire Le Meil, après plusieurs mois de labeur a mis au monde cet étonnant ouvrage tout en longueur qui nous donne à connaître le château avec un autre regard, celui du bruit, et de l’absence de bruit.

La thématique du son (et du silence) habite toujours l’œuvre de Claire, qui rendait déjà comme thèse de fin d’études un ouvrage illustré sur le thème de la surdité ; « Le Monde des Sourds-dingues », comme elle l’appelle.  Et lorsque je lui demande de m’offrir le plus beau conseil qu’elle ait jamais reçu, elle revient sans hésiter sur ses années à l’Esag Penninghen « Lorsque j’ai présenté mon mémoire de fin d’étude, j’ai reçu un retour extrêmement positif du jury. Grâce à cela, j’ai pris conscience que j’avais quelque facilité dans l’imagination. Aussi, j’hésitai encore entre le monde du graphisme et celui de l’illustration. Le jury m’a encouragée à m’orienter dans cette seconde voie, et j’en suis reconnaissante. » Je me permets alors de la questionner sur sa façon d’opérer.

« Grâce à cela, j’ai pris conscience que j’avais quelque facilité dans l’imagination« 

« Comment et quand travaillez-vous », voilà une question qui réjouit les artistes, et Claire répond qu’elle aime avancer la nuit, lorsque le monde se calme. Elle est plus efficace, aussi. Ses matinées sont alors dédiées aux tâches « pratiques » comme la comptabilité, parce que l’esprit est encore trop « logique » pour laisser de l’espace à l’imagination. Et sur ses méthodes, elle s’enthousiasme : « Je travaille d’abord sur papier, au crayon noir. Il s’agit de ce que je préfère, l’instant précis où le dessin prend forme. Ensuite, je le scanne, le précise et le complète numériquement. J’ajoute des touches de couleur, et toujours, un trait d’humour. Mais depuis peu, je ressens l’envie d’expérimenter avec la tablette, qui me permet d’avoir plus de souplesse dans la création, de gagner un certain temps d’exécution et d’obtenir des images vectorisées. J’ai récemment réalisé un projet de calendrier de l’avent digital pour un joailler ainsi qu’une illustration de vitrine, et la tablette permet cette précision du trait. »

Claire Le Meil – Travail Personnel

« Et lorsque l’inspiration ne vient pas ? » veux-je savoir, car le mystère de la page blanche se doit d’être résolu une bonne fois pour toutes. « Le manque d’inspiration signifie pour moi que je commence à me répéter. Dans ce cas, je me tourne vers mes amis, illustrateurs eux aussi, et nous échangeons nos travaux pour nourrir notre imagination de styles différents. Il existe un véritable esprit d’entraide entre nous, j’ai beaucoup de chance ! Je visite aussi les expositions contemporaines comme d’art ancien, je parcours les galeries d’illustrateurs et feuillette des revues spécialisées. » Oui, l’imagination est bien un monde qu’elle maîtrise et affine de ses recherches et nombreux travaux personnels. Mais il est une question qui me taraude encore. Je souhaiterais entendre ce qu’une illustratrice dirait à un apprenti du métier. Les ficelles qu’il lui faudrait tirer pour s’envoler. Claire prend quelques minutes pour répondre – cela mérite réflexion, n’est-ce pas ? – et lorsqu’elle esquisse un sourire, je la sais prête. Voilà, finalement, l’ultime leçon d’une artiste expérimentée :

« Travailler dans le plaisir, le plaisir doit être une priorité sur tout le reste, de l’interprétation à l’exécution. Il faut savoir se donner le temps d’explorer, de faire à sa manière même si l’on n’a pas nécessairement de parfaites qualités graphiques, et savoir quel message l’on souhaite transmettre. Si vous avez le message, l’envie et le courage d’évoluer en permanence, vous avez ce qu’il faut pour le métier. »


*Royale Panique à Versailles (9 – 12 ans), Claire Le Meil, éditions Sarbacane, mars 2020
Site : clairelemeil.com
Instagram : Claire Le Meil

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Novembre 2019 : La Comédie Française + un jus de carotte, un enfant intérieur à nourrir et des bougies plein les yeux !

Le mois de novembre est bien connu pour être l’un des mois les plus difficiles de l’année… pris en étaux entre les réjouissances d’Halloween et les préparatifs de Noël. Pour moi, ça a été un mois aussi réjouissant que chaotique, avec de nombreuses célébrations, et des réminiscences de vieux blocages à dépasser, une fois encore.

Noël arrive !

Nourrir son enfant intérieur

Il y a des mois où tout ce qui a trait à la créativité ne va plus. Je me sens incapable d’écrire, de créer, d’imaginer et de me projeter et mes projets semblent ne plus avoir de raison d’être. Dans ces moments, je me pose mille questions : est-ce que ça sert vraiment à quelque chose ? Sur quoi est-ce qu’il faut que je concentre ? Et si je n’y arrivais pas ? Et si c’est mauvais ? Et si je n’arrive plus à écrire, plus jamais à écrire ? Gros instants de doutes. Qui se sont malheureusement répétés tout au long du mois… J’avais inscrit comme objectif, dans mon journal : « écrire 4 billets de blog ». Un seul billet est né… Un seul billet en 30 jours, c’est peu. Mais c’est suffisant pour essayer de comprendre ce qu’il se passe. En novembre donc, j’ai dû faire face, à nouveau à quelques blocages créatifs anciens. Et j’en avais pourtant ouvert dans ma vie, des portes magiques ! Mon travail personnel dans ce domaine m’avait mené à réaliser que : 1) je suis capable d’être une artiste digne de ce nom 2) je suis capable de finir quelque chose, de poser le point final 3) j’ai le droit d’écrire plus d’un livre par an / de travailler à plus d’un projet par an. Présentés comme cela, ces blocages apparaissent comme de petites choses fragiles qu’on écarte facilement de sa route. Mais pas du tout. Vous souhaitez savoir le nombre d’année qu’il m’a fallu pour dépasser ces « terreurs créatives » ? 16 ans. Et oui, 16 ans. Et les voilà qui refaisaient surface.

Lorsque ces monstres-là sortent de leur obscure cachette, le seul remède consiste à prendre un temps de pause. À nous éloigner quelques temps de notre art, à en prendre congé, pour y revenir régénéré, apaisé. Et à nourrir, avant tout, notre enfant intérieur, siège de notre art. Ce « retour à soi », à notre enfant intérieur ne se vit cependant pas comme un « retour à l’enfance ». Il s’agirait plutôt de porter un nouveau regard sur notre enfance, d’y dénicher de nouveaux éléments, comme des indices que l’on met en lumière et qui nous offrent de nouvelles pistes. Mais nourrir son enfant intérieur, c’est aussi s’abreuver d’inspiration joyeuse, légère. Voici quelques petits exemples tirés de ce mois de novembre :

La Puce à l’oreille, à la Comédie Française !


1.Je suis allée voir La Reine des Neiges 2, dont le graphisme est splendide.

2.J’ai assisté, à la Comédie Française, à un vaudeville de Feydeau intitulé La Puce à l’oreille : si cette forme d’humour n’est pas la mienne, j’ai trouvé les décors splendides (ambiance de Noël, feu de cheminée…) et le jeu des acteurs… à la hauteur de la Comédie Française ! Après coup, nous sommes allés au café Palais Royal, et j’ai pris un sacré jus de carotte pour faire le plein de vitamines !

3.J’ai changé mon style de lectures. À l’origine, j’avais pour intention de me procurer un recueil de nouvelles de Maupassant et de poursuivre sur ma lancée avec une jolie série de classiques. Mais nous sommes en novembre, c’est-à-dire à quelques semaines à peine de Noël, et ce sont plutôt des ouvrages légers, drôles, festifs qui m’appellent. J’ai recommencé à lire des bandes dessinées. Il faut dire que j’ai été élevée au milieu des BD, et ce dès l’âge de 6 ans, entre deux oncles et un père passionnés, et que je n’ai pas toujours touché à des BD « de mon âge », délaissant bien vite les Tintins, Boule et Bill, Astérix et Obelix pour des Vito, Thorgal, Plume au vent…mais ça, c’est une autre histoire. La BD dont j’ai lu le 1er tome – les 3 autres n’étant pas encore parus – s’appelle Le Château des animaux. Les dessins sont très expressifs, les couleurs harmonieuses et le texte est très bien écrit, ce qui est rare malgré tout. Sans compter le thème, inspiré de La ferme des Animaux de George Orwell. Et puis, en passant à la librairie, je me suis laissée séduire par ce roman d’enquête – aventure – humoristico – historique de Frédéric Lenormand.

4.Je me suis procurée un calendrier de l’Avent, pour attendre Noël comme il se doit. J’ai choisi un calendrier de thés et infusions biologiques très joli, à suspendre au mur. Et ce matin, c’était une infusion gingembre – citron – miel de manuka. Délicieux !

5.J’ai rédigé une bonne cinquantaine de listes de cadeaux à m’offrir et à offrir. Ah ça, il est certain que toutes les courses de Noël sont bel et bien prêtes pour le jour J ! Comme à mon habitude, j’ai émis le voeu d’obtenir un ou deux carnets et un livre de recette (deux traditions que je ne néglige jamais).

6.J’ai veillé à faire la sieste chaque jour, entre 20 et 45 minutes selon mes besoins. L’inspiration a besoin de temps mort pour (re)faire surface.

7.J’ai essayé de nouvelles recettes, parfois… redoutables. Notamment un « one pot Pasta » dont les pâtes ne cuisaient pas et qui ont fini, une fois le feu éteint, par former un espèce de bloc de béton rouge dans la casserole… Une catastrophe, mes petits, une catastrophe ! D’autant plus que j’y avais mis 4 oignons et 4 poivrons ! Mais ça fait partie du jeu…

8.Je me suis beaucoup amusée à écrire un papier, une pige originale et humoristique pour un journal sur l’exposition de peinture Versailles Revival, au château de Versailles.

Et aujourd’hui, alors que nous sommes le dimanche 1er décembre de l’an 2019, je suis heureuse de vous annoncer que l’inspiration revient (sans quoi, je ne serais pas en train d’écrire ce billet). Car novembre s’est avérée être un mois très riche en célébrations.

Célébrer… parfois un peu trop fort ! 😉

Ce mois-ci, j’ai d’abord célébré mes amitiés. Je pense notamment aux horaires improbables que mes amis et moi trouvons toujours pour nous voir ou nous donner rendez-vous. Un samedi matin, jour officiellement dédié aux grasses matinées (chez moi, elles durent jusqu’à 10:00 au plus tard), je devais retrouver une amie à Paris en vue d’assister à une exposition sur l’amour. À 9:45 du matin, station Invalides, dans le froid. Et puis… un « Skype philosophique » avec une copine qui vit à Bordeaux, à… 9:30 du matin, un dimanche ! Je la vois encore, dans son lit, toute endormie, et moi, en pyjama et tout aussi peu réveillée, à refaire le monde… Parler d’amour, d’être soi, du sens de nos valeurs… Bref, c’est aux « grands sacrifices » que l’on reconnait ses véritables amis !

Mais il y a également eu un déjeuner de famille, riche en émotions. Découvrir ces membres de notre famille que l’on voit peu. Et l’anniversaire de mon frère, couronné de jus de pomme pétillant et eaux gazeuses parfumées. (Quelques uns d’entre nous ne buvons pas). Sans oublier de mentionner que toutes ces célébrations se sont légèrement accompagnées d’une overdose de cacahuètes / pistaches, gâteaux apéros, nems, charcuterie italienne et Pyréenéens. Les cacahuètes sont mon pêché mignon, mais j’y suis intolérante (comme pour les pistaches et noix de cajou), ce qui me vaut depuis quelques jours de jolis ballonnements… Bref, sur le plan nutritionnel, mes repas n’étaient pas des plus parfaits… Il est temps que j’y remette un peu d’ordre, je crois !

Mais la célébration concerne aussi le repos. Je ne suis pas allée à mes cours de yoga pendant une semaine et demi. J’avais besoin de souffler, de me recentrer, pour pouvoir retrouver mon tapis et mon groupe avec enthousiasme et entrain. Mais si je n’ai pas pratiquée en cours, j’ai continué mes 3 entraînements de fitness hebdomadaires et – fierté – je n’en ai manqué aucun. Aucun sur un mois, ce qui est plutôt incroyable à cette période de l’année où les virus se font une joie de nous coloniser, et où le manque d’énergie se fait plus pressant !

Faire face au chaos

Novembre a été un mois chaotique. Chaotique sur le plan de l’énergie. J’ai été obligée de revoir mon rythme et d’adopter avec plus d’effort encore, une attitude de douceur à l’égard de mon travail. Les deux questions qui m’ont guidée et me guident encore, ont été : « Que faites-vous quand il n’y a plus rien à faire ? » (koan zen) et « Que reste t-il quand vous n’avez plus d’énergie ? ». Parce que ces deux interrogations ont trait à la notion de valeur : qu’est-ce que je vaux quand je ne crée / travaille pas ? Qu’y a t-il au-delà ?

Le chaos s’est aussi manifesté dans mes pensées. Lorsque je sens que je pense à plein temps, dans tous les sens, y compris dès la seconde où j’ouvre les yeux le matin, je sais que je suis en état de stress. De vrai stress. J’ai fait quelques nuits d’insomnies, aux alentours de la nouvelle lune, et trois au quatre cauchemars assez marquants. Tous ces éléments sont des signaux qui m’indiquent qu’il faut que je trouve des solutions, et vite. Ce processus m’a demandé deux semaines de travail personnel. La première chose que j’ai faite a été de confier tout cela à mon journal. Chaque jour, chaque soir, je prenais mon journal pour y noter mes émotions et essayer de prendre du recul. Le journaling m’a permis de comprendre que ce stress qui semblait venu de nul part provenait en réalité de l’accélération de mon rythme de travail, et du sentiment de perte de contrôle vis-à-vis de mon art. Je suis de constitution Vata pour parler en termes ayurvédiques, et le stress / la nervosité est la manifestation principale de déséquilibre chez moi. Et les 3 facteurs principaux de déséquilibre sont toujours, dans mon cas : un rythme effréné, un emploi du temps surchargé, manque de sommeil, trop de transport, qui me donnent le sentiment de courir en tout sens et m’empêchent de me reposer (= surchauffe générale) + la baisse des températures et la sécheresse de l’air (voilà sans doute pourquoi je suis née très prématurément : je voulais naître au début de l’été, en juin et profiter des belles températures ! ) + une alimentation inflammatoire doublée de grignotages (me métamorphoser en rongeur n’aide pas…).

Après cette phase d’éclaircissement du « pourquoi est-ce que je me sens comme ça » et de vrai chaos mental, j’ai mis en place un petit plan d’action pour restaurer mon équilibre. Voici quelques uns des pas qui m’ont aidé à retrouver ma sérénité :


1. Mon réveil sonne désormais 45 minutes plus tard que d’ordinaire, à 7:45.

2.Jz fais 10 à 20 minutes de yoga dès le réveil, pour calmer mon esprit.

3.Je me suis strictement interdit de travailler le weekend : mon esprit protestait comme jamais, mais c’est mon corps que j’ai écouté.

4.Je découpe différemment mes journées de travail. Désormais, je travaille un peu moins le matin, pour ne pas m’épuiser à la tâche, et fais un peu plus l’après-midi, et dans une attitude de lâcher prise assez agréable.

5.Je planifie calmement le reste de mon année 2019 – 2020. Je ne raisonne en effet pas en année Janvier – Décembre, mais en année scolaire Septembre – Juillet, le mois d’août étant une sorte de « mois fantôme » entièrement dédié au soleil, au farniente, à la mer et aux réjouissances !

6.J’ai crée des playlists de musiques plus douces, plus apaisantes, et, il faut bien le reconnaître, de musiques de Noël !

Novembre a donc été un moi dynamique, de recentrage malgré tout. Et j’aimerais conclure ce petit billet par deux petites choses : 1) vous proposer de raconter en commentaire votre mois de novembre et les leçons que vous en avez tirées et 2) une petite citation venue d’Inde…

Un coeur en joie est un filtre qui fait de l’or

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Les 3 livres de recettes que j’utilise le plus souvent

Curieusement, je n’achète jamais les livres de recettes pour les recettes… mais pour l’histoire qu’ils (sup)portent.

J’aime le papier. C’est peut-être la raison pour laquelle je suis incapable d’écrire un billet de blog ou un post instagram sur un support digital. Attablée comme les auteurs d’autrefois, je note ces mots sur un cahier à spirale bon marché. Il est encore tôt ici, mais les mots n’attendent pas. J’ai pourtant déjà eu le temps d’infuser mon maté latte rituel, et de le boire bien chaud. Les matins ont indéniablement quelque chose de magique… et mon latte y participe. C’est un peu comme me donner rendez-vous avant que l’agitation ne gagne du terrain, avant que les rues ne se gorgent et que les lumières ne s’allument. Avant d’entamer cette journée et de laisser libre court à ma créativité. Aussi, il faut bien trois tasses de menthe poivrée pour m’inspirer. Mais me voilà, bel et bien réveillée pour vous parler des trois livres de recettes que j’utilise le plus souvent, et des histoires qui les accompagnent.

Green Kitchen Stories at Home

Cette famille scandinave aux 3 enfants me plaît. J’aime leur façon de travailler les livres car on y sent une véritable sincérité. Une certaine humilité. On les sent soudé. L’auteur n°1, David Frenkiel, est photographe de profession. Ce que j’apprécie, c’est qu’il n’hésite pas à travailler sur des projets extérieurs et de grande ampleur, comme la préservation des cultures menacées par les extrémismes actuels. L’auteur n°2, Luise Vindhal est nutritionniste de formation et travaille de concert avec David dans le développement des  projets, qu’il s’agisse de livres, de conception de tatouages temporaires pour enfants ou événements pop ups dans leur région. Leurs livres ont une âme. On y sent la vie. Ce que j’aime, c’est la façon qu’ils ont de rédiger les commentaires sous chaque recette, et de signer par leur prénom. C’est fondamentalement une manière de garder des traces… ce qu’est la cuisine après tout, un moment d’échange. Aussi, parmi les recettes, celle que je prépare le plus souvent est la soupe verte aux petits-pois, broccoli et lait de coco. Il faudrait y ajouter un topping de lentilles du puy, mais je ne l’ai encore jamais fait. Le plat est déjà parfait en lui-même ! Et puis, elle est tellement simple et rapide à préparer qu’elle est devenue un classique de mon répértoire. En petits bols, elle convient aux grandes occasions. En larges bols et lorsqu’il commence à faire froid, elle fait office de repas cocooning et nourrissant. En été, à température ambiante ou légèrement froide, elle égaye la table. Je me rappelle l’avoir déjà confectionnée en Normandie avec mes petits cousins (un atelier ‘cuisine’ improvisé avec les enfants en été, rien de tel pour leur faire manger des légumes !) et accompagnée de pasta au pesto maison. 

Photographie : https://greenkitchenstories.com/pumpkin-salad-just-married/

Mon assiette Clean (Gwyneth Paltrow)

Ce livre est certainement l’antinomie du précédent. Les couleurs de Green kitchen at Home sont sombres, celles-ci sont éclatantes de lumière (affaire de climat sans doute). Les recettes de Luise Vindhal et david Frenkiel étaient d’ordre familial, celles-ci sont individuelles ou presque. Vraiment, je pense qu’il est difficile de trouver deux ouvrages plus différents que ces deux-là, et pourtant, je les affectionne tout autant. Dans ce livre, on retient l’effet « soleil ». Les photographies sont  prises en très haute définition, avec une grande luminosité. Les plats sont épurés. Cela ajoute de la légèreté au travail, une impression de simplicité… qui ne se retrouve pas nécessairement dans les ingrédients, ce que je regrette un peu. Car je n’ai pas envie de courir le monde pour me procurer de l’aminos de coco (si vous savez de quoi il s’agit, faites-moi signe) ou du miso de pois-chiches. Disons que ces recettes sont pour les personnes bien équipées et déjà aguerries dans le domaine. Mais j’ai beaucoup apprécié la recette de curry aux pois chiches (réellement simple dans ce cas), et la soupe de carottes que l’ont fait d’abord rôtir au four. J’envisage ensuite de réaliser la salade de patate douce et jeunes pousses de kale, mais ce n’est pas encore la saison, alors nous attendrons.

Simple (Ottolegnhi)

Simple n’est pas exactement l’adjectif qui me viendrait à l’esprit en ouvrant le livre… Harissa à la rose, fenugrec, sauce tomate qui exige une heure de cuisson, et temps de préparation extrêmement longs… Enfin, je suppose que cela doit être simple pour un chef, habitué à la complexité ! Car Ottolenghi est le seul chef des auteurs cités et cela se sent. Les plats ont des saveurs auxquelles un « non initié » n’aurait jamais songé. Ce livre reste donc pour moi une source d’inspiration plutôt qu’un recueil de recettes du quotidien. Confession : je n’y ai réellement recours que lorsque je souhaite épater mes amis… Riz pilaf aux oignons caramélisés et ail noir, ça sonne bien, non ? (enfin, sans ail noir parce que je n’en ai pas encore déniché !).


Par simple curiosité 👀, quels sont vos 3 « classiques » en terme de livres de recettes ?

Photographie de couverture : Julie Saint-Clair

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Mieux vivre le changement

Ces derniers temps, nous avons tous dû faire face au changement, avec le passage d’une saison à l’autre. Nous y faisons tous face, plus ou moins consciemment, avec les lunes nouvelles et les lunes pleines.

En réalité, nous vivons au coeur du changement, y compris d’un point de vue physiologique : en sept petites années, l’ensemble des cellules de notre corps (excepté celles qui constituent le cerveau) se sont renouvelées. Biologiquement parlant, nous ne sommes plus la même personne.

Cela dit, tout bouleversement nous affecte avec plus ou moins d’intensité selon les tempéraments. Dans mon cas, le changement ne m’intimide pas trop. Si je crains peu de faire bouger les choses, de remanier certaines idées, cela ne signifie pas pour autant que je le vis en toute sérénité ! Il m’arrive, lorsque les choses évoluent à pleine vitesse, de perdre mon ancrage et vivre, par conséquent, un peu trop dans ma tête. Heureusement, je connais cette tendance et cela me permet de remettre les pieds sur terre assez rapidement. Or récemment, j’ai été confrontée à un bouleversement de grande envergure. Il s’agit de ces évolutions qui se font par notre corps et non par notre esprit. Celles-là même qui s’ancrent en nous pour de bon, celles-là même qui restent, qui nous marquent et nous façonnent…

Cette fois, j’ai dû faire face à ma façon de… faire. En l’espace de 2 semaines, j’ai su que je venais de passer du mode « faire faire faire » fondé sur la peur au mode « faire » fondé sur le coeur. Brouiller les référents. Et c’est inquiétant, un tel bouleversement.


Je me suis d’abord surprise à apprécier les grasses-matinées. Je me suis étonnée de réduire de moitié mes to-do lists, et de les compléter comme jamais. J’ai découvert que je pouvais allouer, de cette façon, bien plus d’espace et d’énergie à mon travail. J’ai aussi construit de nouvelles playlists, plus slow, plus soft. J’ai cherché à inclure plus de couleurs dans mes vêtements, et j’ai fait le vide pour trouver ceux qui m’apportent véritablement de la joie, de la confiance et de la sérénité. J’ai arrêté de me poser dix mille questions et je me suis inscrite à ce cours de yoga du vendredi soir à 20:00. Et puis, je me suis surprise à apprécier le travail accompli en fin de journée, sans m’inquiéter de ce qui aurait dû être coché ou de ce qui devra l’être le lendemain. Aussi, j’ai cherché à écrire des lettres à mes amis plutôt que d’envoyer systématiquement des messages. Oui, les choses ont sacrément changé, et oui, il y a eu des remous, des périodes de doute et de stress en conséquence.

Des remous ? Au début de cette transition qui s’est faite, finalement, en un instant, j’ai eu le sentiment de perdre pied. C’était d’ailleurs bien ce qu’il se passait. J’entrais en terre inconnue, sans aucune autre forme d’indication. Certains soirs, j’ai mangé plus d’aliments lourds et cocooning que d’ordinaire, plus de gras aussi, et cela parce que j’ignorais comment gérer tout cela. Ces aliments ont la propriété de vous endormir, mais cela n’aide en rien. Après trois jours à ce rythme, j’ai laissé tomber parce que cela ne m’apportait que de désagréables sensations de lourdeur. Alors j’ai compris qu’il n’y a que deux façons complémentaires pour mieux vivre le changement : faire face et faire face.

Le changement ne se pense pas, il se vit.
Et il se traverse.
Un peu comme ça :

Photographie : Taylor Simpson, via Unsplash


Et pour cela, j’ai développé quelques ressources d’une aide précieuse. Ces ressources ont pour vocation de nous aider à rester ancré, y compris lorsque tout autour de nous semble s’effondrer ou se remodeler. Voici 4 idées que je me remémore à chaque fois que je vis une période de changement.

Le chocolat noir (> 75 %) est notre meilleur ami


Pendant ces deux semaines, j’ai préparé des chocolats chauds, des mousses au chocolat, croqué des carrés et des carrés. Le chocolat noir est bon pour le moral, excellent pour nos hormones et confère un vrai sentiment de satieté, alors pourquoi s’en priver ?


Ma mousse au chocolat : 50 g de chocolat 70 % + 50 g de chocolat 90 % + 3 oeufs (blanc et jaune séparés). Dans un bol large, montez les blancs en neige avec une pincée de sel. Faites fondre le chocolat au bain marie ou au micro-onde avec une goutte d’eau. Dans un autre bol, battez uniformément les jaunes. Ajoutez-y le chocolat fondu en mélangeant énergiquement pour que les oeufs ne cuisent pas. Ajoutez ensuite deux cuillères à soupe de blanc et remuez jusqu’à obtenir un mélange lisse. Ajoutez progressivement le reste des blancs en veillant à ne pas les casser, pour une mousse légère. Placez le tout au frais au moins deux heures avant dégustation !

Un sport deux fois par semaine : yoga, pilates, footing


Il est essentiel de pratiquer un sport au moins deux fois par semaine, doux de préférence. Pour moi, il s’agit du yoga, et de mes 10 000 pas par jour ! Dans les périodes tumultueuses comme celles-ci, je me réfère toujours à la séance de yoga en ligne suivante (si je n’ai pas la possibilité de me rendre au studio) : Yoga with Adrienne : Yoga for change and drain

Repenser ses to-do lists


Sur le plan mental, revoir mes to-do lists pour les réduire de moitié m’a beaucoup apporté. J’ai notamment appliqué la règle suivante : je note chaque jour mes 3 priorités, et les autres « cases à cocher » sont des bonus. Cette petite méthode permet de se sentir plus satisfait de sa journée, et d’être plus efficace dans ses choix. Je me suis aussi fixée des limites de travail précises, avec de vraies heures de début et de fin que j’ai tenues. J’ai aussi été stricte sur un point : interdiction de travailler le weekend. C’est une chose qui n’est pas évidente à réaliser, mais qui fait toute la différence pour notre état d’esprit, notre créativité et pour notre niveau d’énergie.

Se mettre au vert


Je me suis tournée vers la nature, en essayant de profiter de tous les rayons de soleil qui passaient dans le ciel. J’ai veillé à me balader au parc pour réaliser mes 10 000 pas, et à ne pas emporter mon téléphone.


Voilà comment je traverse les périodes de remous, voilà comment je fais face au changement. Et vous, comment faites-vous ?


Photographie de couverture : Aral Tasher, via Unsplash

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Conseils d’une amie sur l’auto-compassion

Mathilde, l’autre jour, tu m’as demandé si je savais déverrouiller à ma guise les portes de l’auto-compassion. Je n’avais pas su répondre, je n’avais pas les mots.

Aujourd’hui pourtant, je les ai.
Les voici.

Tourne-toi vers les romans


Ce soir-là, tu m’avais confié chercher des clés dans les livres. Les romans nous apportent tant ! Les histoires, les histoires prennent vie et quelque chose des personnages demeurent à nos côtés lorsque nous en avons le plus besoin. Dans ces livres que j’aimerais tant te conseiller, il est une biographie. Celle d’une jeune fille un peu perdue, sacrément secouée par la vie, ballotée, celle d’une jeune fille qui trouve son ancrage par le yoga. Elle s’appelle Rachel Brathen, on la surnomme Yoga Girl. Ce livre est l’un des récits qui m’ait le plus marqué, de par son honnêteté, sa sincérité. Ce livre sonne juste. Trop juste presque, pour que ce soit vrai, pour qu’il porte en lui de quoi déverrouiller le coeur que tu as pour toi-même, et pourtant, il le fait.

Quelle enfant étais-tu, Mathilde ?


Je t’en prie, fouille les boîtes à chaussure, retourne les souvenirs, et déniche-moi une ou deux photos de toi, enfant. Vois-tu ces yeux plein de malice ? Vois-tu ces yeux innocents, ces yeux qui regardent, observent, détaillent, ces yeux qui veulent savoir, et posent les questions ? Cette enfant est toujours là, quelque part. C’est elle qui t’offre de créer comme tu le fais, c’est elle qui nourrit tes mille projets, c’est elle qui n’abandonne jamais. Mais cette enfant, lorsque tu la contemples toi aussi, qu’éprouves-tu ? Je te le demande : qu’éprouves-tu ? Et dis-moi maintenant. Dis-moi maintenant si tu es capable d’exprimer envers toi-même et tes années supplémentaires la même compassion, la même tendresse, le même amour. Cela est possible, tu sais. Essaie, essaie doucement.

Te rappelles-tu un épisode de… gastro ? Otite ? Rhume ? Appendicite ? Colique ?


Dans ces moments où tu n’étais pas présentable, où tu vivais avec tes paquets de mouchoirs, trainais en pyjama et oubliais de prendre une douche, étais-tu si dure avec toi-même ? Exigeais-tu la lune ? Cette fois, je t’interroge : aujourd’hui, alors qu’aucun virus n’a élu domicile dans ton corps, es-tu en essence une personne différente de celle qui a le nez qui coule ? Alors, pourquoi t’imposer un tel traitement ? La Mathilde enrhumée et la Mathilde de tous les jours restent des Mathilde dignes de compassion et d’attention. Car quoi qu’il arrive, le goût de l’effort, le sens du progrès coulent dans tes veines. Ils forment ton ADN. Placer la barre un peu moins haut alors, ce n’est pas t’inciter à faire moins bien, mais à faire plus sereinement. Donne-toi une chance, offre toi deux ou trois semaines pour placer cette barre un cran au dessous, et vois.

Aime-toi comme tu aimes ton chat


Juges-tu ton chat sur la qualité de sa toilette, le nombre de souris qu’il attrape, la hauteur de ses sauts et le nombre de rideaux qu’il déchiquète ? Le soir, lui fais-tu des reproches parce qu’il aurait pu être un meilleure fauve, un meilleur chasseur au cours de la journée ? Probable que non. Ton chat, tu l’aimes comme il est, avec ses cicatrices de guerre, avec son poil d’été et son poil d’hiver, avec ses coups de patte et ses miaulements à trois heures du matin pour filer dans la nuit. Tu l’aimes. Prends modèle. Et traite-toi, traite-toi comme tu traites ton chat.

Retrouve ton tapis


Lorsque tu doutes, lorsque tu te traites de tous les noms, de bachibouzouk à moule à gaufre, va, et marche vers ton tapis de yoga. C’est au tapis que tu sauras ce qu’il en est vraiment. C’est au tapis que tu sauras si tu mérites un tel traitement. Le yoga est une pratique de l’exigence, une pratique qui t’invite à embrasser ton corps, alors ne te juge jamais avant d’arriver en savasanah. Et lorsque tu seras allongée, le souffle long, les muscles étirés, après une bonne demie-heure de pratique, là, autorise-toi à regarder ton esprit, qui ne juge plus. Cela te surprendra.

Puissent ces petits conseils, Mathilde, t’apporter ce que tu cherches.


Photographie : Jana Sabeth, via Unsplash

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Samedi soir, j’avais rendez-vous au Thaï Spa. À 18:00 précisément.

Samedi soir, j’avais rendez-vous au Thaï Spa.
À 18:00 précisément.
J’étais de retour d’une grande fête de famille, j’avais passé… pas mois de quatre heures à table – entrée n°1, entrée n°2, plat, fromage, dessert, café et petits gâteaux – et il faisait un froid de canard. Le théromètre indiquait 6°C. Un peu comme aujourd’hui, d’ailleurs.

Oh ! J’ai ma Terreur – mon cher chat – qui réclame des câlins alors que j’écris, et me regarde avec de gros yeux à la Chat Potté. Mon cher Etain, tu vas attendre quelques minutes que je finisse ce billet ! Il s’est assis à mes pieds, enfin… sur mes pieds et commence sa toilette. De mon côté, je rédige ce petit texte de mon lit, emmitouflée dans plusieurs couches de pulls et mes chaussons – chaussettes de Noël aux pieds (l’hiver vient, rappelons-le !).

Art : Christian Schloe

Donc, samedi soir, j’avais réservé une place pour un massage relaxant aux huiles chaudes et galets. Je connaissais déjà l’endroit, de petite taille et cosy. Très thaïlandais aussi, avec le portrait du roi en guise de décoration et des femmes qui apprennent le français sur un tableau d’écolier accroché au mur. Je suis très bien accueillie, comme toujours, et c’est un vrai bonheur d’entrer dans une pièce chaude quad on vient de marcher par ce froid polaire ! Une femme aux ongles très bien faits a réservé un massage à la même heure que moi et ne tarde pas à me rejoindre sur le petit banc. Nous enlevons nos chaussures, nos chaussettes et passons nos petons dans les claquettes violettes. Un homme et une femme sortent de la salle de massage (il n’y a que 2 places en tout et pour tout) et en cela, nous savons que c’est à notre tour. Deux jeunes masseuses nous guident, nous donnent le classique « Enfilez la culotte ici et mettez-vous sur le ventre » avant de se retirer afin de nous laisser nous « changer », si l’on peut ainsi parler.

La masseuse revient, et je suis déjà prête à m’endormir. Malheureusement, les massages sont pour moi plutôt une occasion de penser, penser, penser et encore penser qu’autre chose… Tout passe en revue, ma journée, mes rencontres, mes projets, ma to-do list. Le seul moment où je commence à « faire le vide » vient à la 59 ème minute ! La prochaine fois, il faut que je songe à réserver une demi-heure supplémentaire.

Cette masseuse est nouvelle. Sa méthode est nouvelle. Moi qui m’attendais à un « massage aux huiles chaudes et galets », j’ai eu droit à un « massage relaxant ET thaï aux huiles chaudes et galets ». Autrement dit, à un peu de détente et des muscles étirés très très très en profondeur… Notamment les cuisses… Re-dou-table ! Et lorsque la masseuse a soufflé que c’était la fin, et m’a aidée à me relever pour conclure la séance, j’ai eu le malheur de croire que c’était vraiment fini. Mais pas du tout ! La masseuse m’a enfoncé le nerf de l’épaule droite puis celui de l’épaule gauche pendant une interminable minute (de chaque côté) – j’ai vraiment failli lâcher une larme – elle a attiré mes bras vers l’arrière comme jamais, a enfoncé ses genoux dans le haut du dos, puis le milieu, puis le bas pour étirer la zone entière (et je confirme, elle s’est étirée), m’a posée une serviette sur les épaules pour ensuite frapper mon dos de la tranche de la main et « faire circuler » le tout… Je peux vous dire que lorsque l’on sort de ce massage « relaxant », ça circule. Et ça circule bien.

Du coup, j’ai eu tout le loisir de réfléchir à moult choses pendant cette heure thaï. Et j’ai pensé que la vie, mine de rien, relève plus d’une série de sprints que d’un marathon. Comme ce massage entre relaxation et – ouille ! – étirement. Comme si, en réalité, les choses allaient, puis s’effondraient, puis revenaient à leur point d’équilibre pour se déstabiliser à nouveau. Comme si le rythme que nous adoptons ne pouvait, ne devait pas être régulier. Aussi, entre deux points d’accupuncture, j’ai fait le parallèle avec mon art – l’écriture – et ma pratique professionnelle, le coaching. Avec l’écriture, je travaille sur de très courtes périodes (généralement, pas plus d’un mois) et me repose le reste du temps. Mes textes prennent vie à la belle saison, aux alentours de juin / juillet, ou, au plus tôt, à la venue du printemps. En coaching, je vais me sentir très inspirée pendant quelques mois, puis l’élan retombe, et je persévère pour passer le cap. D’ailleurs, je me demandais si cela vos intéresserait, un petit billet sur ‘comment retrouver l’inspiration dans sa pratique professionnelle’… Toujours est-il que ce massage m’a donné des idées sur ma propre gestion du rythme et sur l’attitude que je peux adopter, plus consciemment s’entend, à ce niveau là : accepter les moments de contraction comme ceux de dilatation, parce qu’ils font tout autant partie du jeu. Et renoncer à « demeurer à l’équilibre ».

Un sprint, disais-je ?
aka Julie en mode « spa ».

L’équilibre comme concept absolu n’a aucun sens, je crois. Mais ce qui en a, c’est l’équilibre dans différents domaines de notre vie, et jamais au même moment. Il est rare, voire impensable, de créer simultanément l’équilibre dans notre vie de femme active, de mère, de partenaire amoureux, dans notre environnement, dans nos relations, dans notre façon de nous nourrir. Et ce n’est pas cela, d’ailleurs, que je vise. Avec mes clientes, nous évaluons les priorités, et je pense que c’est ce qui importe. Savoir ce qui a besoin d’attention et ce qui peut être placé à l’arrière plan, connaître ses solidités et ses faiblesses… Toute la magie d’être, en somme, en vie.

Pendant ce massage relaxant quand même, il m’est apparu que je ne sais pas toujours à quoi je ressemble, métaphoriquement parlant. Un peu comme si, à certains moments bien précis, je perdais le contact avec mon corps ou, plus justement sans doute, j’y prêtais moins attention. C’est au moment où la masseuse « faisait les contours du haut du corps » que j’ai réalisé ce point. Déterminer où sont les limites de mon corps, sa forme, ses formes, reconnaître sa structure particulière, ses points de tension qui manquent de souplesse et les zones de détente est essentiel à ma compréhension. J’ai besoin de savoir d’une façon plus globale, plus vaste pour saisir et travailler de concert avec mon corps. Et pour cela, je dois savoir où j’en suis. Peut-être que ça vous donnera des pistes de réflexion pour renouer avec votre physique, en le pensant à la fois en profondeur – ouille ! – et en contour (mais pas en apparence).

La séance s’est vraiment achevée quand j’ai pu me rhabiller et revenir dans la petite pièce principale. On m’a gentiment servi une tasse d’infusion typiquement thaï, à base d’un fruit qui ne pousse pas en France, que l’on fait sécher et dont je ne connais que l’intonation – « matom » ou quelque chose comme ça. C’était délicieux, et pour une fois, je ne pensais pas. Eh oui, je passe généralement le massage entier à penser et je cesse de ruminer une fois la séance finie… J’ai remis mon bonnet blanc, mon pull de ski assorti et je suis repartie dans le grand froid, sereine, ragaillardie, avec la sensation d’avoir mine de rien lâché quelque chose, mais quoi ?

Si je le découvre, je vous ferais signe avec un petit billet. Mais pour le moment, ma Terreur grise réclame mon attention; voilà une période de dilatation, et visiblement, de création.

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Comment j’ai vaincu l’insomnie

Les insomnies m’ont collé à la peau pendant près de 10 ans. Elles me privaient de détente, de concentration, de mémoire. Malgré cela, en bon petit soldat, je tenais le rythme : j’écrivais, je me formais, je travaillais, je publiais deux livres. Mais elles étaient toujours là, en arrière plan.

Aujourd’hui, j’ai la chance de ne plus en souffrir. Bien entendu, il m’arrive d’avoir d’immenses difficultés à dormir si je travaille sur un gros projet ou si des idées me harcèlent pour figurer sur le papier, mais ces choses n’ont pas la même saveur amère que ces nuits d’insomnies. Et je suis bien heureuses qu’elles fassent partie du passé… Cela, je l’ai réussi grâce à 4 facteurs que j’aimerais partager et détailler ici : l’acceptation, les huiles essentielles, une meilleure gestion de mon énergie et une nutrition adaptée.

L’acceptation


La raison principale pour laquelle je ne pouvais dormir était presque trop simple pour être vraie : je luttais – inconsciemment – contre le sommeil. Autrement dit, je considérais le sommeil comme une perte de temps ou, tout aussi négativement, comme une façon de « recharger mes batteries » pour mieux les vider le lendemain. Cela, je l’ai saisi grâce aux travaux d’un médecin du sommeil. Il évoquait, au niveau de la societé tout entière, une addiction à l’énergie et sous toutes ses formes : énergies sur le plan de l’environnement, énergie dans nos façons de grignoter constamment, énergie dans la stimulation des écrans… j’étais sûrement en surchauffe, comme la majorité d’entre nous, avant d’entamer un travail en sens inverse. J’ai commencé à lâcher prise sur de « petites choses » pour apprivoiser et cesser de craindre de lâcher prise sur des points plus importants. Le lâcher prise est tellement terrifiant, je le vois tous les jours avec mes clientes ! Parce que lâcher prise, c’est aussi accepter de ne pas savoir, de ne pas tout savoir de :

  1. la façon dont nous allons obtenir nos résultats
  2. la réalisation même de ces résultats, qui peuvent advenir, ou non

Car il arrive très fréquemment que nos rêves ne se réalisent pas, jusqu’au jour où nous avons lâché suffisamment de leste pour entendre que ce rêve-là ne devait pas se réaliser. Et lorsqu’il s’agit de sommeil, j’ai dû apprendre à faire confiance. Faire confiance à mon corps pour lui offrir de trouver son  rythme propre; faire confiance à mon esprit pour qu’il entame cette prise de recul avec bienveillance. Curieusement, c’est à partir du moment où j’ai saisi que j’étais moi même l’obstacle du chemin que j’ai retrouvé le sommeil.

Les huiles essentielles


J’utilise ces petites huiles avec très grande parcimonie dans ma pratique professionnelle. Je préfère bien connaître les bienfaits et contre-indications de deux huiles plutôt que d’exposer quiconque à un risque en en maniant un plus grand nombre. J’ai eu la chance de découvrir le monde des huiles lors d’un atelier parisien organisé par l’association de yoga Yogamania. Là, nous avions expérimenté la puissance de la menthe poivrée (l’une de mes préférées), détaillé les différents usages et diverses formes d’application de ces gouttes magiques, touché au processus de distillation. Depuis, j’ai recours à certaines synergies, certaines associations d’huiles pour favoriser la venue et qualité du sommeil ainsi que la suppression des ronflements de monsieur. J’en mets deux gouttes sur l’oreiller, une à droite, une à gauche, et le tour est joué.

Photographie : Julie Saint-Clair

Une meilleure gestion de l’énergie


De nature vata (ayurvéda), j’éprouve un fort besoin de bouger. Si vous me laissez seule dans un lieu propice (et ce même avec un projet professionnel sur les bras), vous me verrez nécessairement au réveil sur mon tapis de yoga en chien tête en bas ou en train de ma balader dans la rue, vous me croiserez pour ma marche du midi, vous assisterez à mon entraînement sportif en fin d’après-midi. De fait, ce mouvement me permet d’atteindre un niveau similaire de fatigue entre l’esprit et le corps, de façon à ce que j’éprouve le besoin de dormir sur les deux plans (mental et physique) et qu’aucun des deux n’empêche la venue du sommeil. Si cette idée vous inspire, je vous conseille de chercher le rythme qui vous convient. Certaines de mes clientes, pour créer cela, ont besoin de faire leur séance cardio la matin à jeun, d’autres ne peuvent plus se passer de leurs courtes balades (20 min) su soir avant d’aller dormir… Et il n’y a aucun raccourci, il faut expérimenter pour savoir ce qui fait du bien.

Une nutrition adaptée


Il s’agit d’un segment très personnel que j’ai développé avec le temps. Si vous avez lu mon entrée en manière dans le monde de la nutrition, vous n’ignorez pas que ma flore intestinale tend à me causer quelques soucis, et que le sucre n’est pas mon ami. Comme tout un chacun, j’ai connaissance de ces principes, de ce que je dois éviter pour être au mieux de ma forme. Et comme tout un chacun, il m’arrive de ne pas les écouter. De faire un trop grand nombre d’écarts qui, simultanément, me privent de toute énergie et me laissent sans repos. Ce sont des facteurs très personnels que j’évoque, comme le fait de boire du thé vert ou de grignoter trop de graines qui perturbent ma digestion. Aussi, il est essentiel d’améliorer l’écoute de notre corps à la suite des repas afin de détecter ces fauteurs de troubles potentiels. Je préfère d’ailleurs cette approche douce à celle d’élimination radicale et définitive des allergènes, du moins si la situation n’est pas critique. En effet, ayant mis au jours ces aliments anti-sommeil, je remarque que je dors plus profondément, avec des réveils moins fréquents et un sommeil plus réparateur.

J’espère donc que ce billet vous a apporté quelques idées pour dépasser l’insomnie, et n’hésitez pas à le partager si vous connaissez des personnes qui en subissent les conséquences !

Photographie de couverture : Nine Köpfer, via Unsplash

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Je suis une enfant des 90’s + smoothie vert

Je me souviens de mon tout premier livre de recettes « green ». Je l’avais reçu à mon anniversaire, à l’époque où les fruits et légumes n’étaient en vogue ni dans ma vie, ni dans le monde.

C’était un petit livre Larousse à la reliure de tissu, discret et original, c’était un livre de smoothie. Je me rappelle encore ces recettes qui semblaient « folles », comme sorties de nulle part – des fruits et des légumes mixés avec des épices, du beurre de cacahuète… Je suis une enfant des 90’s après tout ! J’ai connu l’avant, un temps où l’on cuisinait pour d’autres raisons, où la nutrition pointait tout juste son nez, où les smoothies avaient un goût différent.


Les smoothies ont encore ce goût différent. Ils ont une place particulière dans mon coeur car tout a commencé par là, avec un blender, un livre de recettes un peu étranges et une fille qui n’aimait pas suivre les instructions à la lettre ! J’étais incapable de me retenir, il fallait toujours que j’ajoute une cuillerée de miel ou un coulis de fruits rouges et retire tel ou tel élément… Décidément, les smoothies ont une saveur sans égale par ici !
Alors ce matin, je souhaitais partager mon smoothie vert, celui que je prépare en fin d’après-midi lorsque j’en ai la possibilité et qui me permet de durer jusqu’au soir. Le voici donc, ce smoothie vert des temps modernes !

Photographie : Johannes Hofmann, via Unsplash

Pour le smoothie vert, il faut :

  • 1 banane bien mûre en rondelle, congelée
  • 1 poignée de jeunes pousses d’épinards
  • 100 ml de lait de riz
  • 100 ml d’eau de coco
  • 1 cuil. à café de miel (optionnel)

Sortir la banane 20 min avant mixage. Commencer par mixer le lait de riz et l’eau de coco avec les jeunes pousses d’épinard afin de ne pas avoir de résidus. Ajouter ensuite le reste des ingrédients et servir bien frais !


Sur ce, je vous invite à essayer ce joyeux mélange et à me dire ce que vous en avez pensé… J’ai hâte d’avoir vos retours !

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Le manuscrit est mort ce soir : une expérience personnelle du lâcher prise

Ce que le coaching enseigne, ce que l’écriture apprend, c’est que les résultats que nous désirons ne sont pas nécessairement ceux que nous aurons, ni ceux dont nous avons besoin.

Ce principe, je l’ai d’abord rencontré dans le livre Yoga Girl, de Rachel Brathen, mais il m’a fallu plusieurs années avant d’en vivre le sens. Voici un exemple tiré de ma vie d’auteure. (Ames sensibles, s’abstenir)


Il y a un an, je souhaitais absolument envoyer un certain manuscrit, que je pensais être mon « meilleur projet ». J’étais enthousiaste comme jamais, heureuse d’avoir posé le point final de ces 300 pages. Cependant, je souhaitais attendre quelques mois avant de l’envoyer pour la simple raison que l’âme d’un ouvrage a besoin de temps pour émerger. Or je voulais savoir exactement de quoi il retournait avant de m’engager. Alors j’ai attendu. C’était difficile, mais j’ai tenu bon.


Et lorsque j’ai senti l’impulsion de « reprendre le manuscrit », de le corriger, de le préciser avant de le proposer, je suis tombée de très haut. On pourrait aussi dire que je me suis pleinement écrasée au bas de l’arbre en sautant du nid. 🐣C’était un lundi. Je m’étais levée aux aurores pour m’atteler à ce travail de grande ampleur. Il était 6:00 du matin lorsque je relisais l’introduction et les premières pages. Il était 11:00 lorsque je comprenais que ce manuscrit ne serait jamais imprimé. Croyez-moi, j’ai pleuré comme jamais sur ces pages qui venaient à « mourir » et j’étais véritablement en train de vivre un deuil. Le mot, s’il semble fort, ne l’est aucunement. Je sais ce que signifie voir ses proches partir, je sais ce que signifie mourir, et je savais que ce manuscrit-là venait de quitter ce monde.
J’avais porté ce manuscrit des mois durant, je l’avais mis au monde, et voilà qu’il n’avait plus d’âme !


Ce jour-là, mes proches se demandaient pourquoi j’avais de telles cernes noires, si creusées, si profondes et pourquoi j’allais me coucher dès 20:00. Pourquoi j’avais « fait la sieste » une bonne partie de l’après-midi, pourquoi j’avais cet air si particulier.  Alors je mettais mon pyjama et me blottissais sous les couvertures. Je passais une nuit… lourde, comme lorsque les choses demandent à être digérées. Et le lendemain, je m’éveillai. C’était étrange : je me sentais bien. Où étaient passés le choc, la tristesse, le deuil ? Où étaient-ils tous passés ? Il s’étaient évanouis. Et j’avais, dans mon coeur, bien plus de place et de légèreté que la veille et les jours, et les mois précédents.


Ce matin-là, j’ai compris que ce manuscrit avait été pour moi une porte, une façon de clore un cycle et d’en ouvrir un autre.
Ce mardi-là, j’ai su, j’ai su que sa place n’était pas sur les étagères.
Elle ne l’avait jamais été. 

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Le rééquilibrage alimentaire n’arrive pas qu’aux autres

Et pourtant, j’y croyais dur comme fer.

C’est une histoire que j’avais envie de raconter depuis quelques temps déjà sans jamais oser… mais elle est importante je crois, surtout quand on est l’auteure d’un livre de recettes. 

Il y a un an et demi, j’entendais parler d’une nutrithérapeute. Je souffrais de l’endométriose depuis plusieurs années, j’avais des ballonnements considérables – je finissais enceinte à la fin de chaque repas –  et des maux de tête à temps plein. Pas la joie donc. Et puis, on a mentionné cette nutrithérapeute. Au point où j’en étais, tout était bon à prendre, donc j’ai sauté le pas. Je suis allée consulter et les résultats étaient clair : j’avais un sacré déséquilibre de la flore intestinale, au point de souffrir de dénutrition.

Le verdict. Dénutrition ! 

Conséquence : j’avais faim toutes les deux heures, je mangeais comme 3 personnes à tous les repas et je finissais par croire, inévitablement, que j’étais boulimique. Parce qu’il m’arrivait fréquemment de manger (par exemple) en un seul goûter : une grosse mangue, 1/2 paquet d’amandes, des poignées de dattes, du chocolat et un smoothie. Véridique. Parce que j’avais faim, vraiment faim et je n’arrivais pas à dépasser la barre des 45 kg. Je ne prenais pas de muscle, je faisais des malaises si je ne petit-déjeunais, déjeunais, goutais et dînais pas à heure fixe, ce qui posait de sacrés problèmes avec mes amis et lors de repas familial – en particulier l’été, où l’on prend l’apéro très tardivement et où les horaires sont différents chaque jour… C’était très difficile, tant sur le plan physique que mental. Je n’avais aucune endurance et tellement mal à la tête… Et cela faisait 4 ans que je pensais (secrètement) souffrir d’un trouble du comportement alimentaire ! 

Je dois dire que ce rendez-vous m’a secouée. D’abord parce que je découvrais que mes tendances à dévaliser le frigo et les placards ne résultait pas d’un TCA. Ensuite parce que le régime que l’on me prescrivit était très strict. Je me rappelle encore le choc lorsque j’ai entendu la nutritionniste me dire de petit-déjeuner du pain sans gluten, du beurre, du fromage et du jambon… Bref, tout ce que je détestais le plus au monde réuni en un seul repas. 

À dire vrai, je suis sortie de la consultation plus dépitée qu’enthousiaste.

Tous mes espoirs s’étaient envolés et j’avais devant moi la liste de tout ce à quoi je n’avais pas droit. Prenez le sucre : j’avais pris l’habitude, sur les conseils d’un naturopathe (consulté à l’âge de 15 ans suite à un ulcère qui m’empêchait d’avaler quoi que ce soit et grâce auquel je mettais au jour une intolérance au lactose), de petit-déjeuner seulement des fruits. Et la nutritionniste venait de déclarer : « en guise de sucre rapide, tu n’en consommeras qu’à l’heure du goûter, en veillant à ne pas dépasser les 2 portions de fruits par jour. » En bonus heureusement, on m’accordait 2 carrés de chocolat noir (et je peux vous dire qu’avec ça, on ne survit pas longtemps !). 

Donc, je devais cesser de consommer : les produits contenant du gluten, les fruits à volonté, les crudités, les noix de cajou, mon beurre de cacahuète (j’y tenais, à celui là !), les pistaches (et l’apéritif !), le vinaigre (adieu mes salades adorées), le café, le thé noir, le kombutcha, la sauce soja… 

À ce stade, je commençais sérieusement à pleurer sur mon sort… Je devais tout revoir et je n’avais pas le choix. 

Et ce serait mentir que de clamer : « c’est passé comme une lettre à la poste ». Ça a été très difficile. J’ai mangé de la ratatouille pendant six mois parce que je ne savais pas quoi préparer d’autre. Je luttais contre ce petit-déjeuner terrible et préférais un bol de porridge insipide au lait végétal. Je faisais des orgies de chocolat au goûter parce que j’avais le sentiment de me priver. J’oubliais de prendre mes douze compléments alimentaires matin, goûter et soir. Pourtant, je commençais à me sentir mieux : j’avais moins de gaz, je prenais un ou deux kilos, mais ça n’était pas stable. 

Et vous savez quoi ? 

Ça ne l’est toujours pas. 
Pas parfait.

Je gagne en masse musculaire et je-ne-sais-comment, elle disparaît en l’espace d’une semaine, sans avoir touché à quoi que ce soit dans mes menus. Je ballonne le lundi et pas le mardi. Si par malheur je fais l’erreur de manger une part de banana bread de trop, je me retrouve avec une gueule de bois le lendemain (fermentation excessive). Mais je n’ai plus de fringales de sucre – même à ce moment du mois – , mes idées sont plus claires et je ne manque presque jamais d’avaler mes compléments alimentaires.

Mais le travail n’est pas fini, y compris après un an et demi d’adaptation et d’équilibres nutritionnels respectés. 

Alors j’ai le sentiment que tout chemin va de la sorte, avec ses hauts et ses bas, ses progrès et ces retours en arrière, mais qu’à la fin, la constance, la joie et la créativité seules permettent de passer le cap. 

Et ce cap, j’ai bien envie de le franchir, et de le raconter, ici, en mots, en notes, en image et pourquoi pas, à travers d’autres mediums. 

x x x  Julie

Photographie : Christian Mackie, via Unsplash